464 pages - 14,8 x 20 cm
impression bichromie
couverture souple avec jaquette américaine
ISBN 9782390220695L'Homme de Kotola
En apprenant dans des documents déclassifiés que son arrière grand-père faisait partie des membres de la Garde rouge exécutés lors de la guerre civile finlandaise en 1918, Marko Turunen décide de se plonger dans les archives et emménage à Kotka, ville de son enfance et de ses ancêtres, tout près des lieux de l’exécution. Se heurtant à la mémoire tronquée de ces évènements, Turunen met en scène dans L'Homme de Kotola le fossé qui le sépare de son arrière grand-père.
Marko Turunen raconte le quotidien de son alter ego de toujours, Alien, dans les rues de Kotka, ses barres d’immeubles en bordure de forêt, ses usines désaffectées, ses suprémacistes blancs… puis imagine l’existence de son ancêtre, acteur mineur de l’histoire luttant jusqu’au bout pour améliorer ses conditions d’existence.
Observateur passif de son époque, Alien rencontre ses voisins en promenant son chien, hésite à fonder un foyer… Rien ne peut perturber une vie qu’il mène sans rien décider, jusqu’à ce lourd secret dans une lettre du Président en personne…
Son arrière grand-père, Parasite, un extraterrestre découvert en 1888, a vécu en harmonie avec les pêcheurs locaux et pris part aux luttes sociales puis à l’insurrection réprimée dans le sang de 1918… Parasite essaie de comprendre les humains, lit le Capital, fonde un foyer, s’implique corps et âme dans la lutte… croisant ouvriers et pêcheurs, patrons, briseurs de grève, membres de la garde blanche et de la garde rouge...
Turunen se montre désemparé, impuissant face à la résurgence du fascisme. Les deux parties du récit ouvrent ensemble une profonde réflexion sur la mémoire des luttes passées, sur la violence de la classe possédante et le poids des acteurs individuels dans l’histoire.
L’Homme de Kotola dépeint des existences bouleversées par la famine et la guerre civile, en intégrant des éléments longtemps cachés aux finlandais. Mais cette autofiction de Turunen est comme toujours fantasmée, peuplée de personnages de cartoons et de représentations qui trahissent la vision du narrateur.
Dans un récit augmenté où chaque geste, chaque figure amplifie les contrastes entre positions sociales, Turunen remplit les zones d’ombres de projections fantaisistes et de ses représentations, idéalisant la vie de son ancêtre, forcément héroïque à une époque aussi dure...