FRMK blog - Almanak FRMK - Adh�rer

64 pages — 24 x 32 cm

impression bichromie - 2 tons noir

couverture cartonnée

collection Amphigouri

ISBN 9782390220633
24 € €

∞ est un récit perpétuel composé de deux narrations parallèles, qui peuvent se lire dans les deux sens, ou du centre vers les bords... avant d’être reprises de l’autre côté. ∞ a deux débuts mais pas de fin. On y suit des vivants et des morts, des êtres qui changent d’état, meurent et renaissent ailleurs… En changeant de sens de lecture, on verra une naissance devenir une inhumation, une pluie devenir une évaporation...

Dans ce songe en gravures à l’eau forte aux interprétations infinies, comme tous les livres de Coché, deux jumeaux sont séparés peu après la naissance par la mort de l’un d’eux. Sur Terre, dans un monde humain antédiluvien ou atemporel, celui qui vit porte en lui jusqu’à l’âge adulte une blessure, un lien vers une autre réalité. L’autre explore une vie souterraine en quête du même lien, sous la forme d’une araignée évoquant celle d'Odilon Redon, être sans forme précise qu'on ne peut ou ne veut pas voir.

Tous deux attendent l’occasion de communiquer, cherchent un passage vers une autre forme d’existence. Leurs deux trajectoires se rejoignent au centre du livre, centre du monde des vivants et des morts. Sous la surface visible des choses, dans un au-delà empruntant à plusieurs imaginaires mythologiques, un être privé de matérialité attend l’heure de la réincarnation, cheminant comme le souvenir des morts chez les vivants. Eux aussi errent, attendent de guérir en changeant d’état.

Chez Coché l’alchimiste, tout se redéfinit sans cesse et recommence, comme lorsque nous nous évaporons, bulles ou idées sans épaisseur terrestre, vers un monde idéal, avant de repasser par les sous-terrains pour prendre racine ailleurs. Pour tout percevoir, il faudra reprendre le livre à rebours, comme les mourants repassent, dit-on, le fil de leur vie.

Inspiré par les cités mortuaires étrusques de Rome et les gravures de Piranèse, croisant des références dont nous parviennent les images muettes, Coché tisse une méditation sur la vie et la mort, sur la transformation permanente des êtres vivants et des choses. Comme pour son précédent récit L’Almageste, il nous fait cheminer à tâtons vers une forme nouvelle prête à germer en nous, vers la connaissance d’un monde nouveau, quoi qu’il nous arrive.