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48 pages — 24 × 26,5 cm
saltotypie — couverture souple
avec jaquette
collection Récits de Ville, #5

 

ISBN 2-930204-35-4
16 €

Souvenir d’une journée parfaite

Une jeune femme qui cherche un père disparu dont elle ne connaît pas le nom, découvre la vie d’un inconnu, Matthias Khan, à travers un carnet qu’elle a retrouvé. Les pages jaunies et les traits de graphite de Souvenir d’une journée parfaite estompent la frontière entre autobiographie et fiction, et rendent à merveille la disparition comme la présence.

Le livre de Dominique Goblet a été créé à l’occasion du projet Frigobox Echangeur Narratif / Récits de villes : une série d’ateliers de bandes dessinées dont la ville de Bruxelles était le thème. Le projet a rassemblé une vingtaine de dessinateurs sur un an. Imprégnée de cette contrainte, la dessinatrice est parvenue à mettre en scène un monde intime qui évoque la disparition et la mort d’un père. Le motif central est la quête et la disparition totale d’une vie. En effet, les traces de l’existence, donc de la mort, du père ont disparu du cimetière, comme s’il n’avait jamais vécu. La narratrice ne retrouve pas le nom de son père. La quête inassouvie libère la fiction. Ce récit s’ancre alors comme par défaut dans le nom d’un inconnu, Mathias Khan. Le dessin révèle ce balancement. Tantôt très stylisé, tantôt très observé, le graphisme dévoile l’aller-retour entre le présent de la narratrice et le passé de la fiction.

Dominique Goblet est une dessinatrice de l’intimité. Son livre précédent Portraits crachés était un mélange de récits et de fastueux dessins. Au-delà de l’intimité et des mythes de l’autobiographie, le mélange est ce qui caractérise le mieux le livre tel qu’envisagé par la dessinatrice. On se souvient que le mélange est une notion littéraire inventée par Proust. La Recherche pourrait se lire selon cette notion qui exige que les genres se mêlent les uns aux autres. Ce serait le roman policier et le roman d’initiation, ce serait le roman et l’essai, le roman et l’autobiographie, etc. Cette approche, toute proportion gardée, est l’approche gobletienne. Le mélange est le tout du corpus. Encore faut-il que le mélange soit heureux. Le n’importe quoi guette tel intrépide parti. Rien de cela, mais le tremblement de l’existence qui infuse les pages charbonneuses.

Le livre de Dominique Goblet est un livre d’automne. On y apprend les significations de la châtaigne, " aliment lié aux défunts ". Une visite au cimetière, une scène d’enterrement, on se croirait à la veille de la Toussaint, un jour de novembre. La réussite du livre tient en partie à ces sensations que le livre transmet au lecteur.

Ce récit est un récit du nord et ne peut pas avoir d’autre cadre.

Du même auteur aux éditions FRMK
Les Hommes-Loups — avril 2010