FRMK blog - Almanak FRMK - Adh�rer

36 pages — 13,5 × 20,5 cm
impression bichromie, jaquette imprimée R°/V° — collection
Flore

ISBN 978-2-930204-67-3
9 €

Sous-sols

Ecrire, c’est transmettre quelque chose que les autres ne voient pas. Sous-sols nous parle de ce qu’il y a derrière le chagrin à l’aide d’une galerie de personnages silencieux dans des décors énigmatiques. Si ces derniers nous sont inconnus, ils évoquent pourtant avec justesse l’atmosphère douloureusement familière de nos jours les plus sombres.

Les limites qui séparent le langage du silence épousent les contours des Sous-sols que DoubleBob a mystérieusement dessinés et laissent apparaître en morse, en 4e de couverture, l’évident signal de détresse qui traverse le livre (SOS).

Sous un trait tendre à la finesse chirurgicale apparaissent des figures qui défilent de manière à former l’étrange récit d’un voyage souterrain. Des portes s’ouvrent, des toiles se fissurent et des fentes s’élargissent toujours assez pour laisser le lecteur basculer dans les profondeurs. Nous sommes de l’autre coté du miroir, et chaque pas en arrière est un pas en avant. Si la terre semble meuble, les hauteurs sont solides et opaques.
Les sous-sols sont parsemés de triangles. Ce motif géométrique récurrent, symbole de la stabilité et de la construction architecturale dans toute la signalétique contemporaine offre tout d’abord une impression de sécurité. Il est avant tout la tente sous lequel le personnage se réfugie en position foetale, comme protégé par une trinité mystique. Cependant cet abri se présente peu à peu sous son jour précaire, et ne cesse d’offrir à la vue du lecteur les fissures qui le déchirent, la grande légèreté de sa toile et les dangers qui guettent son locataire. Des escaliers et des échelles se déploient en deça du sol et de nouvelles dimensions se créent, dans lesquelles les matières circulent aisément sur des parcours fléchés par l’auteur.
La matière est partout et sa force est insaisissable, elle intègre les espaces et désintègre les corps avec ou sans visage, les laissant se dédoubler pour se caresser ou s’étouffer tendrement. Elle hante le récit et forme ce brouillard opaque qui absorbe les cris, les pleurs et les paroles, ne laissant que quelques-unes d’entre elles résonner dans le vide comme une chanson d’amour.