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Silvestre, de son vrai nom Del
Barrio prouve une fois de plus que la bande dessinée
ou du moins son contenu peut être protéiforme.
Après le réalisme des mémoires
d’Amoros, pour lequel son confrère
et ami Felipe H. Cava sest chargé du scénario,
Silvestre se livre à l’expérimentation
jubilatoire.
En réalité, ce ne sont pas deux
personnages qui communiquent. Le petit bonhomme
en bas à droite dans les cases et celui,
en haut à gauche, qui apparaît et
se transforme à volonté, ne sont
que deux des multiples facettes de l’artiste.
Silvestre fait parler les vides. A nouveau, il
utilise les modèles de la bande dessinée
pour les détourner et les remodeler à
sa façon. Comme les conventions le veulent,
tout se passe dans des cadres. Il y en a quatre.
Comme pour singer ce genre auquel il se rattache
sans vraiment en faire partie. Silvestre joue
aussi avec les genres et les graphismes. Le policier,
le fantastique, le film noir, le conte s’invitent.
Le cubisme devient d’une précision
géométrique, la caricature est plus
vraie que nature, l’art abstrait devient
concret. Silvestre joue aussi avec les effets
de surprise, faisant apparaître et disparaître
des créatures d’un autre univers.
C’est ainsi que s’exerce sa toute-puissance.
Finalement, Silvestre joue à nous déconcerter
en jonglant tour à tour avec le texte et
le dessin. Jusqu’à ce que les cadres
s’effacent, que les monstres s’évanouissent
pour laisser le champ libre à la parole
écrite. L’auteur tombe le masque
et se confie à cœur ouvert pour expliquer
les raisons qui le poussent à créer
: faire quelque chose de neuf en s’éloignant
du consensus. Le dessinateur transmué en
écrivain essaie d’être clair
mais tout ce qui paraît simple est bien
compliqué en vérité.
De
Federico del Barrio / Silvestre aux éditions
Frémok :
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Federico del Barrio est
d'abord apparu dans les pages de la revue espagnole
Madriz , une des publications phares
de la Movida des années 80. Il a été
découvert en France grâceà
la revue Pelure
Amère et à un récit
d'un collectif des éditions Autrement,
L'Argent Roi. Paru en Espagne en 1991,
Leon Doderlin est l'album où il
pose les bases d'un univers radicalement personnel.
En 1995, il choisit de prendre le nom de Silvestre,
se démarquant ainsi de l'oeuvre considérable
qu'il a déjà réalisée.
Silvestre publie alors Relations, et
Simple aux éditions Amok : deux
livres qui s'interrogent sur la création
en explorant les artifices de la bande dessinée.
Del Barrio / Silvestre poursuit parallèlement
un travail d'illustrateur, d'auteur et de metteur
en scène.
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