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Silvestre utilise à nouveau
le dialogue pour transmettre des idées.
Aux saynètes teintées d’humour
de son précédent ouvrage, il a opté
cette fois pour un dialogue avec son double, sa
création, jusqu’à ce que l’auteur
monopolise la parole.
Dans cet ouvrage, toutes les conventions, tous
les codes de la bande dessinée sont détournés
de leur but. L’auteur invente son propre
univers en créant des mots et des formes.
En explorant plusieurs techniques graphiques,
il crée des personnages qui attestent s’il
en est besoin que le dessin ne doit pas forcément
être figuratif pour être expressif.
L’absence elle-même peut avoir du
sens. Dans cet album, tout est matière
à réflexion. Les deux personnages
qui communiquent sur le mode dialectique ne sont
qu’une représentation schizophrénique
de leur créateur qui, cette fois-ci porte
une double casquette : celle du scénariste
et celle du graphiste. Les idées que les
deux figures formulent ne sont que les réflexions
profondes de Silvestre. Seulement, en confrontant
des points de vue différents, on les rend
plus visibles et ainsi la vérité
peut jaillir. Le noir et blanc participe aussi
à cette contradiction. Il exprime le contraste
donc l’opposition. Parce que l’autre
est à la fois le même et un être
différent. L’autre peut se trouver
aussi au-delà du papier. L’autre
peut être également le lecteur. Les
acteurs de cette bande dessinée à
l’humour piquant l’interpellent souvent
pour qu’il participe au débat. D’ailleurs,
les bords du papier ne limitent pas ce monde parallèle
puisqu’il a des prolongements dans le hors
champ de la feuille. Cet univers où les
formes prennent vie et les mots prennent sens,
où texte et dessin sont les éléments
d’un même tout, n’est pas en
représentation pour le lecteur. Il existe
réellement. Pour nous émouvoir,
Silvestre nous fait rire, pleurer, nous surprend
et nous dérange. Le côté divertissant
n’est pas le seul intérêt de
cette œuvre, car Relations est avant tout
une œuvre vivante.
De
Federico del Barrio / Silvestre aux éditions
Frémok :
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Federico del Barrio est
d'abord apparu dans les pages de la revue espagnole
Madriz , une des publications phares
de la Movida des années 80. Il a été
découvert en France grâceà
la revue Pelure
Amère et à un récit
d'un collectif des éditions Autrement,
L'Argent Roi. Paru en Espagne en 1991,
Leon Doderlin est l'album où il
pose les bases d'un univers radicalement personnel.
En 1995, il choisit de prendre le nom de Silvestre,
se démarquant ainsi de l'oeuvre considérable
qu'il a déjà réalisée.
Silvestre publie alors Relations, et
Simple aux éditions Amok : deux
livres qui s'interrogent sur la création
en explorant les artifices de la bande dessinée.
Del Barrio / Silvestre poursuit parallèlement
un travail d'illustrateur, d'auteur et de metteur
en scène.
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