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Pedro Nora et David Soares ont
réalisé un récit en bandes
dessinées qui met en scène lécrivain
américain William Burroughs. Le récit
est une méditation sur la mort et sur la
création.
Un écrivain, Mr. Burroughs s’adonne
à la peinture. Il reçoit des amis
pour échanger quelques propos sur la vie
et sur l’art. Il est vieux et fragile. Un
jour, il a un accident de voiture car une autruche
inquiétante traverse sa route. Il se réveille
à l’hôpital et rentre ensuite
chez lui. Il commence alors à recevoir
des colis extrêmement curieux et terrifiants
puisque ce qu’il reçoit n’est
ni plus ni moins que des parties de lui-même.
Rien n’éclairera jamais ce phénomène
qui gardera son aspect énigmatique. Le
lecteur ne saura ni comment ni pourquoi Mr. Burroughs
reçoit sa dent, son appendice, son rein.
Malgré ces envois énigmatiques,
la vie de Burroughs continue. Il donne un cours
d’écriture à l’université,
il aide un jeune auteur à faire publier
son livre, il examine des projets de collaboration
avec des artistes, bref il mène la vie
très littéraire d’un écrivain.
Au-delà de ce quotidien littéraire,
Mr. Burroughs fait preuve également d’un
sens social très affirmé, il reçoit
ses amis, garde leur animal de compagnie durant
leur absence. Au fond rien de romantique, ce qui
s’affirme dans le récit, c’est
l’existence banale d’un homme qui
gagne sa vie comme écrivain. Cette banalité
trouve son contrepoint dans la prolifération
inquiétante d’animaux, dans le développement
de séquences oniriques. D’où
le choix de miser sur le regard, sur la trace,
sur la densité de la matière.
Entretien
avec Pedro Nora
Entretien
avec David Soares
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David Soares
a le même nom que l’hétéronyme
de Fernando Pessoa qui a écrit Le livre
de l’intranquillité. Le scénariste
de Mr. Burroughs est un admirateur de William
Blake et il a écrit un livre d’après
le Docteur Faustus de Thomas Mann. Pour lui, l’écriture
et la lecture ne vous apprennent qu’une
seule chose, à mieux écrire. Et
selon les termes mêmes de l’auteur,
il a encore «quelques foutues idées
pour écrire de nouveaux foutus livres.»
Désormais, lorsqu’on lira Burroughs,
on ne pourra s’empêcher de penser
à Pedro Nora
et à son personnage éponyme qui
aime les chattes blanches et reçoit des
colis horribles. Pour nous, Nora a les traits
de Mr. Burroughs, comme lui il est soucieux de
la chose artistique mais aussi de l’amitié,
de la création des autres artistes. Un
gars qui fait bien son boulot d’artiste
sans nécessairement en faire tout un plat.
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