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Lettres au maire de V.
Collection Amphigouri

96 pages
Format : 21 par 26,5 cm
Imprimé en quadrichromie
Vendu au prix de 22,71 euros
Parution : 1998

ISBN : 2-930204-18-4

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LETTRES AU MAIRE DE V.
De Alex Barbier
collection Amphigouri / 1998

>> Voir les dix premières pages au format PDF <<

Dans un pays saturé de lumières et de couleurs, quelque part du côté de Perpignan, une épidémie aiguë de dénonciations encombrent la boîte aux lettres du maire de V. Les lettres dénoncent le laxisme des uns, la perversité des autres. Tout cela fait l’affaire d’un individu peu recommandable qui se présente sous le pseudonyme de L.G., coloriste. L.G. pour Loup Garou, évidemment.
Des attouchements inadmissibles, des cadavres exsangues, des lieux abandonnés, un voyage assez bref dans les rues d’un ghetto new-yorkais, tels, parmi d’autres, les éléments du récit d’Alex Barbier : l’auteur qui aime à disparaître derrière l’anonymat de lettres inavouables, ici décadence du geste mallarméen, disparition élocutoire dans les bas-fonds de l’âme humaine.
Barbier a décidé de montrer la Bête plutôt que l’Ange, à la fin, et ce n’est pas ôter l’envie de lire le livre que de le dire, c’est le monstre qui gagne. La boucle est bouclée et qui croyait prendre est pris. Lecteurs de tous les pays unissez-vous et lisez, le soir, dans vos chaumières, les récits terrifiants d’un coloriste psychopathe.

Voici donc un livre qui aura préparé sa réception auprès du lecteur par des sentiers singuliers et pour le moins originaux : la publication d’une étude dans Frigobox 8 et une prépublication luxueuse au Japon. Sans doute le contenu et la forme même du livre exigent cette préparation. Lire un livre de Barbier, c’est toujours aller au-delà d’un choc aussi bien narratif que visuel.
Depuis le début de son travail, Barbier semble avoir trouvé sa manière, une manière hyper construite et très ouverte. On connaît ses influences parce qu’il les revendique dans les interviews et au sein de ses livres : la technique du cut-up de Burroughs est l’emprunt le plus lisible, pour le dessin, on songe notamment à Bacon. Selon l’auteur, la forme narrative de la lettre est la plus adéquate pour la mise en place de son travail. La lettre anonyme autorise en effet une souplesse dans la composition du récit : n’importe quelle planche peut devenir le vis-à-vis de n’importe quelle autre. Dans ce sens, la technique du cut-up trouve son accomplissement dans les pages sulfureuses de Lettres au maire de V.

Le sujet des Lettres est la dénonciation : dénonciation du laxisme des pères, dénonciation de la perversion et du voyeurisme. L’histoire des Lettres est celle de notre quotidien médiatique, Barbier le dit, ses personnages, il les a à portée de main, il n’a plus qu’à s’en emparer. La réussite du livre est d’abord à ce niveau-là, mais, cependant, ce n’est pas l’intégration du drame médiatique qui marque son aura. Ce qui ravit le lecteur, c’est la lumière.
La lumière colorée de Barbier est l’authentique personnage du livre. Chez Barbier, la lumière dévore la scène, elle est l’éclairage qui signe le regard d’un auteur.

>> Entretien avec Alex Barbier sur De la chose
>> Entretien sur Lettres au maire de V.

>> Entretien avec Alex Barbier sur Autoportrait...
>> Entretien avec Alex Barbier sur Lycaons

Du même auteur aux éditions Frémok :

- De la chose (1997)
- Autoportrait du vampire d'en face (Lettres au maire de V., vol 2) (2000)
- Lycaons (novembre 2003)
- Pornographie d'une ville (Lettres au maire de V, volume 3 (mai 2006)
- Lettres au Pair de F. (mai 2006)


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Alex Barbier est né le 15 mars 1950 dans le Jura. Son père est ouvrier dans le plastique, Barbier entre aux Beaux-arts à Nantes en 1968 pour devenir professeur de dessin. Il ne donnera ses cours que l’espace d’une année académique, ses méthodes déplaisent. Ensuite il enchaîne le service militaire. Sa première bande paraît dans Charlie Mensuel en 1975. La collaboration avec Charlie dure jusqu’au rachat du magazine par Albin Michel. En 79 paraissent le Dieu du 12 et en 82 Lycaons, puis plus rien. Silence, repli dans le pays, Barbier quitte la scène de la BD. Vient le temps de la peinture, comme si l’ambiance lourde de l’économisme débridé des années quatre-vingt-dix l’obligeait à un long hivernage. Enfin en 92, tout arrive en même temps, un contact avec Kodansha et puis l’exposition au festival d’Angoulême avec la sortie du livre Les paysages de la nuit. Depuis, Barbier a encore publié chez Delcourt Comme un poulet sans tête. Pour cause d’affinités électives, il travaille désormais avec Fréon.

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