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Si, comme le dit Raúl dans la préface,
la bande dessinée est comme la vie «
un lieu qui, en réalité, n’est
que du temps », le dessinateur affirme aussi
son refus des règles conventionnelles propres
au genre. Tirant son nom de l’alcool frelaté
que fabriquaient les Russes en mélangeant
du cola à un nettoyant ménager au
temps où Gorbatchev restreignait l’achat
de la vodka, cet ouvrage ne peut laisser le lecteur
insensible au pathétique de la condition
de ce peuple. La misère tout simplement.
Celle que l’Espagne a connue aussi pendant
la guerre civile. Pour qu’on n’oublie
pas, Cava et Raúl ont consigné par
écrit et par image les impressions qu’ont
laissé sur eux leurs nombreux voyages en
Russie dans les années quatre-vingt dix.
Pour réaliser ce tableau très réaliste
de la Russie période Perestroïka,
les auteurs ont choisi trois chemins ; celui du
texte dans le prologue, celui du dessin seul dans
le journal russe où les visages sont parfois
hideux comme la tristesse qui les enveloppe et
enfin, la BD libre et imaginative. Fenêtres
sur l’Occident est une synthèse de
leur propos. Mais les auteurs se sont gardés
de faire une bande dessinée « cinématographique
» comme s’en était défendu
le graphiste dans la préface. D’ailleurs,
le propos est bien trop complexe pour être
résumé dans un film. Tout se passe
en Russie, dans un pays immense en pleine déliquescence.
Quatre personnages : Ilia, Sergueï, Boris
et Larissa tentent, au cours d’un repas,
de capter l’âme russe. Ils y vont
à tâtons en se racontant des histoires
et des blagues. Le dessin de Raùl suit
les errements de ces personnages en illustrant
à chaque fois d’une façon
différente et parfois surprenante leurs
paroles. Parce que l’âme russe est
composite.
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Entretien avec Raúl sur Berlin
1931
Du
même auteur aux éditions Frémok
:
- Berlin 1931 (avec Felipe
H. Cava, 1998) - collection OCTAVE / épuisé
- Cahier Perplexe
(décembre 2002)
- hors-collection
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Raúl est
né en 1960 à Madrid où il
vit et travaille aujourd'hui. Dès son apparition
dans la revue Madriz au milieu des années
80, Raúl a étonné par sa
capacité à jouer de tous les registres
de l'image pour faire sens. Dans la revue Medios
Revueltos , qu'il a créé avec
Felipe Cava et Federico del Barrio, il a continué
à réaliser des récits courts
où il expérimentait sans cesse de
nouveaux styles. Ces différentes histoires
ont été compilées en espagne
sous le titre Fe de errata. Il a ensuite
réalisé en collaboration avec Felipe
Cava deux oeuvres de grande ampleur : Berlin
1931 et Fenêtres sur l'Occident
publiées par Amok éditions en 1998
et 1995. Sa maîtrise du langage visuel lui
a permis de s'imposer comme illustrateur régulier
du quotidien El Pais. En 2002, une somme
de cinq cents dessins de presse sélectionnés
par Raúl ont été réunis
dans l'ouvrage Cahier Perplexe paru aux éditions
Frémok.
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