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Dans Chantier Musil, un projet
chorégraphique de François Verret,
V.F. est sur scène. Le corps coincé
dans une machine de lumières, de rhodoids
et de métal. Sur l’écran défile
un film muet et tremblotant. Comme une récurrence
fantomatique de l’œil d’Ulrich.
Chantier Musil est le nouveau projet du chorégraphe
François Verret. Après avoir abordé
les thèmes de l’enfant sauvage dans
Kaspar Hauser et de l’insolite retrait d’un
employé de bureau dans Bartelby, Verret
mène ici une relecture de L'homme sans
qualité, œuvre essentielle de l'écrivain
autrichien Robert Musil.
François Verret, reconverti en explorateur
du subjectif, se livre à l’expérience
de la déstabilisation. Renouer avec le
doute, entrer dans le champ d’un pérpétuel
questionnement et à l’image d’Ulrich,
figure centrale du roman de Musil, se désaisir
des certitudes, abandonner les convictions, admettre
que le réel est affaire de moments, de
mouvements, de positions, de sentiments.
Sur la scène, à proximité
des danseurs et des circaciens, Vincent Fortemps
installe son archaïque dispositif de dessin-film
projeté : la cinémécanique.
Derrière son banc de lumière, ses
mains manipulent de fins rhodoids grattés
et empatés de noir gras. Il les superpose,
les transforme et leur donne vie.
Sur l’écran c’est le monde
vu par le regard d’Ulrich qui prend forme.
Une perception critique, libérée
des préjugés, aussi acérée
que fantomatique, aussi contemplative que tremblotante
et indécise.
Le livre Chantier Musil (coulisse) est constitué
d’images extraites des centaines de rhodoids
qui constituent la matrice du «film»
et agencées ici en un nouveau mouvement
dont les révélateurs sont les pages
du livre.
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Entretien avec Vincent Fortemps
Du même auteur aux éditions
Frémok :
-
Cimes (1995) / épuisé
- La Digue (2001)
- Paradis/Paraiso - Djazz
01 : Sto Domingo
(mars 2003)
- Cimes (réédition,
2004)
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Un peu
homme-orchestre dans son genre, aurait voulu être
sur la scène, mais la page ne le voulait
pas ainsi. Il paya l’écot d’un
livre Cimes, autant commencer par le sommet. Il
s’affirma très tôt comme un
maître de la matière et de l’errance.
Nino Rota en sourdine, il griffait le récit
d’un village à peine touché
par l’accablante modernité. Graphiste,
bédéiste, le voilà acteur
d’un chantier Musil. Nous le verrons en
coulisse s’habiller pour ourdir sa cinémécanique
et nous éblouir d’un nouveau tempo,
pour cet homme qui ne manque pas, lui, de qualité.
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