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Il ne vous a peut-être jamais
été donné de traverser le
désert et ce n’est sans doute pas
un livre qui va y remédier. Surtout qu’il
n’est peut-être question ici que d’un
voyage imaginaire.
Peu d’éléments en tout cas
seront donnés pour rattacher cette traversée
à notre réalité ordinaire
ou tenter de la rendre «crédible».
Il ne sera rien dit du point de départ
ou de la destination de cette caravane. Pas plus
de ce qui motive la présence d’un
étranger parmi la troupe des chameliers
; cet étranger qui, cheminant avec les
autres, «égare le fil de sa solitude.»
Bien que le désert de sable et ses caravanes
figurent parmi les territoires où les récits
d’aventure aiment à aller chercher
leurs frissons, on ne croisera pas ici de pillards,
de soldats britanniques ou de villes oubliées.
On ne risquera même pas de mourir de soif.
Bien sûr, une tempête de sable, des
vautours ou une caravane qui s’égare,
se chargent de rappeler les dangers de la traversée.
Mais ce sont le temps, la nuit, le rêve
qui tiennent ici le premier rôle. Les images
de Bernard Olivié parent le récit
des atours de la fable ou du conte. Simple et
rassurant, parfois tenté par l’abstraction
ou le signe, le dessin s’allie aux textes
de Zentner pour procurer un abandon qui ouvre
l’espace à la pensée. Le récit
s’articule en série de séquences
de trois pages, s’ouvrant à chaque
fois par une image plein cadre. Tels des haïkus,
ces segments composent un carnet de route qui
s’attache avant tout au rythme des pas et
des jours qui s’enchaînent. Ainsi,
le livre peu à peu envoûte et fabrique
des souvenirs.
Ces pages qui se tournent, ces jours qui se succèdent,
ces souvenirs qui dorment près du feu sont
les vôtres. Sur son fil de sable, la caravane
traverse le temps, la nuit, les rêves ;
le lecteur la suit, la vit sur le fil de sa lecture.
Au terme de ce parcours, vous n’aurez toujours
pas traversé le désert. Mais au
gré de ces pages de sable, vous vous rappellerez
que tout livre est une invitation au voyage.
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Bernard Olivié
est né en 1961 à Paris. Il est diplômé
des Beaux-Arts en section peinture. Il se partage
entre peinture, dessin et design graphique. Il
est l’auteur d’Hamérikka, paru
en 1991 aux éditions Rackham, déjà
sur un scénario de Zentner. Il vit et travaille
à Toulouse.
Jorge Zentner
est né en 1953 en Argentine. Il suit des
études universitaires de journalisme et
de psychologie. Parallèlement, il commence
à travailler comme journaliste dans la
presse écrite et à la radio. En
1977, Zentner doit quitter l'Argentine. Par la
suite, il vit en Espagne. En 1981 il fait la connaissance
de Ruben Pellejero, avec qui il travaille depuis
et réalise la majeure partie de son œuvre
de scénariste. Il a également publié
une douzaine de livres pour enfants.
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