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Brutalis
Hors Collection
180 pages
Format : 17 par 24 cm
Imprimé en bichromie
Prix : 28 euros
Parution : décembre 2003

ISBN : 2-930204-42-7

réalisé en co-édition avec la Cie Dame de Pique

 

fremok.org > la librairie > Brutalis

BRUTALIS
De Thierry Van Hasselt, en collaboration avec Karine Pontiès
Hors-Collection / décembre 2002

Obscurité / solide et grasse / paysage de poussière et d‘angles / observations préliminaires / peau et os / membres et pensée / évolutions accélérées de l'espèce / dégénérescences cycliques / brut / sans nettoyage ni ménage / langueur de la posture / réminiscence de l’encre et du papier / miroir infranchissable /images furtives et fuyantes / reflets avalés par la lumière / sortie du terrier / comme s’il faisait jour (surex) / la chaleur et son contraire/ être dehors / s’y frotter / remettre la peau en place / secouer / intérieur intime et organique / trouver la personne à habiter / personne à habiter / identité volatile et sourde / semer le trouble / remuer encore.

Un livre sans parole, ou presque, si l’on excepte quelques informations et la quatrième de couverture qui pourrait être, mais ce n’est qu’une hypothèse, comme le mode d’emploi ou la notice explicative. Sur la couverture, le titre s’inscrit discrètement ; le nom des auteurs est à peine lisible. Le noir occupe la majeure partie de l’espace, une silhouette accroupie anime de sa présence énigmatique ce lieu obscur. Tournant la page, le trouble n’est pas moindre. Une suite d’images, peut-être une séquence, sans texte : des yeux d’abords, un paysage ensuite, en panoramique, et puis un corps que dévore sans cesse l’obscurité quand ce n’est pas une soudaine lumière crue qui l’absorbe.
Tout en ce livre paraît résister au sens, au récit et pourtant une représentation se joue, un spectacle se fomente puisque l’on sait que le livre évoque un spectacle, en est le témoin et peut-être déjà le témoignage.
Malgré la résistance du livre à se livrer, la lecture offre des plaisirs visuels et finalement narratifs. Plaisirs visuels dus à la virtuosité graphique du dessinateur. La peau, le corps, les tissus sont suggérés avec une extrême maîtrise et une tout aussi extrême liberté. Mais virtuosité rime ici avec fragilité.
Dans cet univers infra-narratif, le récit ne pointe que dans la trace du pinceau. L’œil peut à loisir se perdre dans les moirures sombres, dans les plis de la matière, à la surface du corps dessiné. Peut-être est-ce un livre qu’on ne lit pas mais qu’on regarde tout simplement. Peut-être est-ce un livre essentiellement destiné au regard et au regard seul. Un livre pour spectateur et pas pour lecteur. Un livre qui se refuse à être lu ?
Malgré tout, on lit. N’oublions pas que l’un des auteurs de ce livre a écrit et dessiné Gloria Lopez. Que penser de ce livre alors ? Rupture avec le récit, ou, et l’hypothèse est plus risquée, mise en crise de la narration avec d’autres moyens ? A poser la question de cette manière, il se peut que cette opacité qui envahit le lecteur s’éclaircisse quelque peu. Au fond, pourquoi ne pas lire Brutalis comme un Gloria Lopez moins la fiction ? Un Gloria Lopez qui ferait la part la plus belle à la matière et qui éluderait la fiction. Ou encore, la représentation plutôt que la fiction. C’est bien à une nouvelle manière d’envisager la trace, de vivre la matière graphique que le livre nous convie.

>> Historique du projet par Thierry Van Hasselt
>> Démarche chorégraphique par Karine Pontiès
>> Entretien avec T. Van Hasselt sur Gloria Lopez

Du même auteur aux éditions Frémok :

- Gloria Lopez (1999) / épuisé

 

 

 

 

 

 


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Membre fondateur des éditions Fréon et du Frémok, éditeur, scénographe, installateur, graphiste, Thierry Van Hasselt est avant tout un auteur de bandes dessinées.
Son travail a rencontré une importante reconnaissance critique à la sortie de son premier livre : Gloria Lopez , enquête et monologue obsessionnel sur les traces d’une «vertueuse Justine», mise à nu d’un meurtre dans les milieux de la prostitution, récit englué dans l’épaisse grasseur de l’encre.
Il travaille actuellement à l’élaboration de deux longs récits :
Jean et Denise : récit de la vie quotidienne d’un couple bourgeois consumériste rattrapé par une irrationelle envie de dispersion.
La petite main : monologue halluciné d’un valet de l’Ogre ,un Gilles de Rais actuel, en route pour l’échaffaud…
Ces récits font l’éloge de la matière, celle-ci est triturée, étalée, diluée, et du coup le récit lui-même paraît s’embarquer dans ces manœuvres jusqu’à s’enfoncer dans les noirceurs veloutées du crayon aquarelle, de l’encre sépia du monotype, ou de l’acidité colorée de la peinture à l’huile.
Sans ambiguïté le dessinateur et narrateur se situe au sein d’une modernité militante qui croit aux puissances des formes.
Son travail a été exposé dans de nombreux festivals européens et a été présenté dans le cadre de l’importante exposition que le Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême a consacré au Frémok.

FRMK Nord - Fréon A.S.B.L. : 51, rue de l'Instruction / 1070 Anderlecht / Belgique / 32 (0)2 410 98 58
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- Association Dissidence Art Work : 119 bis, rue de Paris / 93100 Montreuil / France / 33 (0)1 48 58 20 90

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