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Le récit d’Alex Barbier
raconte les quêtes de quelques personnages
: un vampire, un certain professeur Apfelbaum,
une jeune fille qui découvre l’amour
et d’autres entités plus ou moins
marquées et marquantes. On retrouve le
retraité Ernest P. toujours à l’affût
des mœurs de son voisinage. Mais le narrateur
le plus intéressant est sans nul doute
le professeur Apfelbaum qui s’occupe à
une mise au point définitive sur la question
passionnante du vampirisme. Ainsi le lecteur apprend
au fil des pages quelques aspects de l’existence
du vampire d’en face. Le vampire égorge,
suce évidemment. Le vampire se métamorphose.
Le vampire initie au vampirisme ses victimes et
ses admiratrices. Les fenêtres sont le lieu
favori du vampire car ouvertes elles permettent
d’entrer dans les chambres et d’en
sortir une fois que la victime est vidée
de son sang. Accessoirement la fenêtre est
un perchoir idéal d’où le
vampire peut observer sa proie et son forfait.
L’histoire savante du vampirisme emmène
le lecteur dans des paysages embrasés par
le désir ou dans la vie intime d’une
famille des classes moyennes.
Autoportrait du vampire d’en face est le
second volet d’une trilogie, il devra donc
être lu comme tel. Pour le moment toute
lecture qu’on pourra en faire sera immanquablement
partielle puisqu’il manque encore le troisième
et dernier panneau du triptyque.
A première lecture, la couleur est l’élément
qui frappe le regard, la gamme colorée
semble s’être aussi bien ouverte qu’elle
n’est en certains endroits contestée.
La plupart du temps hostile au noir et blanc tranché,
le dessinateur n’en intègre pas de
plus en plus fermement le noir, la couverture
témoigne superbement d’une telle
rupture. Si le noir vient attaquer la couleur
c’est d’abord parce que le récit
lui-même met en jeu le duel le plus archaïque
qui soit, la lumière et l’ombre,
le jour et la nuit. Le vampire est l’emblème
de la nuit et c’est à travers ce
personnage sombre que Barbier met en scène
le récit.
Au fil des pages, le lecteur rencontre une très
fantaisiste leçon d’anatomie comme
si l’auteur voulait lui révéler
le fond du fond, les arrières fonds du
monde de Barbier. Ainsi un ovale peut aussi bien
devenir un œil-de-bœuf qu’une
bouche ou un visage. Etre en métamorphose,
le vampire est la personnification de ce jeu de
formes. La manière d’Alex Barbier
consiste in fine à maîtriser et à
jouer des ambivalences, à entraîner
le lecteur dans des paysages qui se jouent du
sens. Se rapprocher le plus près possible
de la folie et prendre le risque d’y sombrer.
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Entretien avec Alex Barbier sur De la
chose
>> Entretien avec Alex Barbier sur
Autoportrait...
>>
Entretien sur Lettres au maire de V.
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Entretien avec Alex Barbier sur Lycaons
Du
même auteur aux éditions Frémok
:
-
De la chose (1997)
- Lettres au maire
de V. (1998)
-
Lycaons
(novembre 2003)
- Pornographie d'une ville (Lettres au maire de V, volume 3 (mai 2006)
- Lettres au Pair de F. (mai 2006)
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Né
en 1950 à Saint-Claude dans le Jura,
Alex Barbier est renvoyé
de l’éducation nationale alors qu’il
est professeur de dessin. Motif : attitude subversive.
Dès ses débuts en bande dessinée,
il marque le genre par deux livres qui paraissent
au début des années 80 : Lycaons
et Le Dieu du 12. écarté par la
frilosité des éditeurs, il travaille
la peinture sans jamais abandonner la bande dessinée.
Il reviendra un jour et il le sait. L’occasion
se présente avec une exposition rétrospective
en 1993 au CNBDI d’Angoulême et un
nouveau livre Les Paysages de la nuit aux éditions
Delcourt. La rencontre avec le Frémok (alors
Fréon) l’installe enfin comme référence
majeure d’une nouvelle génération
d’auteurs. Trois livres paraissent : De
la chose, un recueil de peintures érotiques,
Lettre au maire de V. et Autoportrait du vampire
d’en face .
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